Contexte

Opération Barbarossa

Opération Barbarossa (en allemand : Unternehmen Barbarossa) est le nom de code de l'invasion par le IIIe Reich de l'Union soviétique pendant la Seconde Guerre mondiale. Nommée ainsi en hommage à l'empereur Frédéric Barberousse, l'opération est déclenchée le 22 juin 1941. Elle ouvre le front de l'Est qui sera le plus grand théâtre d'opération de la Seconde Guerre mondiale.

Carte de l'opération barbarrossa

Le 23 août 1939, l’Allemagne nazie et l’Union des Républiques Socialistes soviétique signent un traité de non-agression et de partage de l'Est de l'Europe. Cependant, le 21 juillet 1940, moins d’un an après, Adolf Hitler demande à son état-major de préparer un plan d’invasion de l’Union soviétique. Les « justifications » du Reich de cette invasion sont pseudo-ethniques (opposition entre Germains et Slaves), stratégiques (conquête rapide du cœur économique russe, levier de la domination globale du continent eurasiatique), militaires (vaincre une puissance voisine disposant d'une importante armée et ainsi apparaître comme le vainqueur incontestable du second conflit mondial) et idéologiques (la mise en œuvre géopolitique des plans nazis pour abattre le communisme et pour conquérir un espace vital à l’est : le Lebensraum). L'État nazi estimait surtout que le conflit avec la Russie communiste était inévitable et que sa meilleure chance de l'emporter était d'attaquer l'Union soviétique avant que l'Armée rouge ait fini de se moderniser. Confiant, Hitler déclenche l’opération Barbarossa un an exactement après la signature de l'armistice entre la France et le IIIe Reich1.

L'opération Barbarossa est la plus grande invasion de l’histoire militaire en matière d’effectifs engagés et de pertes2 : près de quatre millions de soldats de l’Axe pénètrent en Union soviétique. En plus des troupes, l’opération Barbarossa a mobilisé 600 000 véhicules et 600 000 chevaux. Cette invasion marque aussi un tournant dans la guerre, jusqu’alors encore assez localisée et européenne. Elle va bientôt embraser le monde entier.

Comme en 1914 au début de la Première Guerre mondiale, l’Allemagne entend agir rapidement : le plan Barbarossa fixe à quatre mois le délai nécessaire à l’anéantissement militaire de l’Union soviétique. En pratique, l’opération Barbarossa dure de juin 1941 à janvier-février 1942, l’échec allemand de la bataille de Moscou mettant fin à la première phase des combats.

Les forces allemandes possèdent une supériorité initiale, elles sont mieux organisées, bien mieux commandées et disposent, du moins jusqu’à la gigantesque bataille de Koursk de juillet 1943, d’une incontestable supériorité tactique. Au déclenchement de l’opération, elles bénéficient de l’effet de surprise.

Les forces soviétiques sont tout d'abord contraintes de reculer et subissent des pertes très importantes tandis qu'une grande partie des industries stratégiques du pays parviennent à se replier loin du front, à l'est. Mais l’Armée rouge, décapitée par les Grandes Purges, dispose d’importantes réserves humaines et d’un avantage stratégique constitué par l'immensité du pays qui lui permet de reconstituer ses forces loin du front. Après le choc initial, l’éveil du patriotisme russe permettra à Staline de compter sur la troupe et le peuple pour sauver le régime en même temps que le pays. L'opération Barbarossa est ainsi le fait déclencheur de ce que les Soviétiques appellent la Grande Guerre patriotique, événement majeur de l'historiographie soviétique puis russe.

Barbarossa ouvre le plus important théâtre de la guerre terrestre en Europe, qui joue un rôle déterminant dans la défaite du Troisième Reich et au cours de laquelle ont lieu les plus importantes et sanglantes batailles terrestres de la Seconde Guerre mondiale.

Sur le plan humain, cette guerre est totale et d'une violence inouïe. Les conventions de Genève n’y sont pas respectées et les prisonniers, maltraités et affamés, connaissent des mortalités de masse tandis que les souffrances infligées aux populations civiles sont immenses. De 1941 à 1945, 80 % des pertes de la Wehrmacht sont subies sur le front russe3. Par ailleurs, à l’arrière du front, dès les débuts de l'opération Barbarossa les SS et les Einsatzgruppen commencent à rafler et massacrer les Juifs, les communistes... ils massacrent ainsi un million de juifs et autant de civils slaves.

En ne laissant aux « sous-hommes », les « Untermenschen », que le choix entre la mort ou l’esclavage, le nazisme joua un rôle clé dans le sursaut patriotique des Soviétiques et dans le virage nationaliste du stalinisme. Il créa ainsi les conditions de sa propre destruction : moins de quatre ans plus tard, les Soviétiques envahissaient Berlin en ruines.

Échec des opérations

Voici une liste des equipements de chaque béligerent sur Koursk.

Beligerant Homme Artillerie Avion Char et VBCI
Allemagne 800 000 9000 2000 3000
U.R.S.S. 1 900 000 30 000 3500 5000

Si l'échec de l'Opération Citadelle constitue un réel tournant dans la guerre à l'Est, l'importance de la bataille de Prokhorovka doit être relativisée. Longtemps qualifiée - à tort - de plus grande bataille de chars de la Seconde Guerre mondiale, elle n'est pas non plus la victoire absolue décrite par la propagande soviétique. En fait, ce jour-là, ni les Allemands ni les Russes n'atteignent leurs objectifs respectifs (percée pour les Allemands, destruction du corps blindé SS pour les Soviétiques) et les pertes soviétiques sont si lourdes que Staline envisage initialement de relever de son commandement le général Rotmistrov - qui commande la 5e Armée blindée de la Garde4. Cependant, le but de l'Opération Citadelle était d'encercler puis d'anéantir les forces massées dans le saillant de Koursk et la bataille de Prokhorovka contribue à son échec.